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Une table en fête dans un lieu magique Maurice Beaudoin Mars 2010

Trois heures de TGV jusqu’à Vannes. Puis vingt minutes de taxi pour atteindre le Domaine de Rochevilaine, îlot hors du temps. Nature, cuisine bonheur, ambiance plaisir.
 

Au « Domaine de Rochevilaine », près de Vannes Une table en fête dans un lieu magique Trois heures de TGV jusqu’à Vannes. Puis vingt minutes de taxi pour atteindre le Domaine de Rochevilaine, îlot hors du temps. Nature, cuisine bonheur, ambiance plaisir. La mer plein les yeux, 300 mètres de façade sur l’Atlantique : longère, manoirs, château de granit. Une salle à manger bateau, vue époustouflante, à pic sur les vagues. Douce surprise, la cuisine de Patrice Caillault, classique, modernisée sans être déglingué. Son bar de ligne en cuisson lente, émulsion d’huîtres au caviar d’Aquitaine se déguste religieusement. Ici, la cuisine vraie de Patrice Caillault se déguste, se savoure. On se régale d’un plat à l’autre. Les ormeaux de l’île de Groix et pieds de veau à la crème d’ail persillée, jolie trouvaille. Au dessert, l’alternance des lamelles de crêpes et poire confite, glace à la poire sauvage de Quimper, tout simplement génial. C’est bon ! Très bon ! On retrouve, dans le Relais & Châteaux repris en 2004 par Bertrand Jaquet, la cuisine qu’on aime. Savoureuse, légère. Le homard, présenté vivant aux convives, poché, petits légumes fondants, cuisson juste effleurée ; le tronçon de turbot sur arête simplement grillé. Des produits magnifiques. Cuisine bonheur, donc. La carte est un florilège de découvertes successives. Grosses langoustines cuites au naturel en eau de mer, filets de grosse sole simplement poêlés au beurre de noisettes torréfiées, légumes du temps cuisinés à la fleur de sel ; pigeonneau de Sainte-Anne d’Auray en cuisson mixte. Et la « composition marine » : huîtres plates et creuses, tourteau, langoustines, homard. Et le pain, fait maison, qui arrive chaud sur table. Et le beurre demi-sel Bordier. Et le passionnant sommelier découvreur, Hervé Guinoiseau. Il propose un montlouis blanc 2007, Les Choisilles, François Chidaine, vigneron à Montlouis-sur-Loire. A découvrir. La table est de premier ordre, mais le lieu s’avère magique pour les amateurs de vieilles pierres. Henri Dresch, premier propriétaire visionnaire, guettait partout en Bretagne les édifices en ruine dont il pourrait racheter tout ou partie, pour les faire transporter sur la pointe de Pen Lan, les faire tailler, sculpter et remonter sur place. En 1965, Henri Dresch récupère le manoir du XVIe siècle de Lieuzel à Pleucadeuc, transformé en porcherie. Il supprime un étage qui aurait gêné la visibilité du phare et le remonte pierre par pierre face à la mer. Le portail du domaine est découvert près de Guégon. Ces bâtisses reconstituées ont une âme. La pierre des manoirs, les bénitiers, lions, dragons ailés, fontaine, calvaire qui hantent les jardins imprègnent Rochevilaine d’une lueur mystérieuse. Le granit, buriné par les siècles, raconte de belles histoires. Bertrand Jaquet, d’abord directeur de Rochevilaine, puis propriétaire omniprésent, a endossé l’habit de conservateur d’un patrimoine unique. Tout en restant attentif à la vie quotidienne de son hôtel. Des chambres à la cuisine... Au spa, à la galerie... Vaut le voyage. 

​Maurice Beaudoin

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